Alors que Cote de Pablo et Mark Harmon font la couverture du dernier TVGuide aux USA, le site TVGuideMagazine.com vient de publier une très grande interview de Mark Harmon. Voici la traduction par Darriussette et Maya, bonne lecture :
Leroy Jethro Gibbs est le calme au cœur de la tornade NCIS, du genre homme fort et silencieux au milieu d’un groupe complet d’acteurs du genre forts et bavards. (Dans le premier épisode, Tony DiNozzo décrit même Gibbs comme “virtuellement muet” à un terroriste curieux.) Heureusement pour nous, Mark Harmon, bien qu’également fort, est juste un peu moins silencieux. Dans ce questions-réponses exclusif, il nous parle du trajet parcouru par les personnages de la série N°1—et, plus surprenant, du fait qu’il ne souhaite pas savoir quelle sera leur trajectoire future. Pour en savoir plus sur Mark,y compris des photos de sa bataille de gâteau avec Cote de Pablo, jetez un œil sur l’article de la couverture de “TV Guide Magazine”, en kiosque le 29 octobre ! Vous n’êtes pas fatigué de devoir parler du fait d’être N° 1 ? Je ne sais pas si on peut s’en fatiguer. Ce groupe le mérite tellement, dans un milieu où le mérite ne compte pas. C’est vraiment étrange que ça soit en 7ème année que nous fassions les meilleures audiences que nous n’ayons jamais eues. C’est inhabituel. Mais je pense que nous faisons mieux que nous n’avons jamais fait, aussi. Aujourd’hui, il paraît que des adolescents regardent la série, ce qui n’était pas vraiment le cas avant, et de plus en plus de gens tombent sur des rediffusions de la chaîne “USA” et réalisent que c’est une série drôle et pas une série “militariste”, une étiquette négative qui ne s’est estompée que graduellement. Ça prend du temps. Nous tous ici, nous avons signé pour jouer des personnages uniques. Je n’avais jamais fait partie d’un groupe où tout le monde est juste satisfait de jouer son rôle. Vous ne pouvez pas écrire les lignes de script d’Abby pour Gibbs, ni celles de Gibbs pour DiNozzo, et vous ne pouvez pas écrire celles de DiNozzo pour McGee ou celles de Ziva pour qui que ce soit. Tout le monde est personnellement impliqué par le personnage qu’il joue. Que ça ait pris du temps ne me surprend pas. Nous sommes dans un milieu professionnel où parfois on ne vous laisse pas le temps. Cette série a fait un bond depuis la trentième place (dans les audiences Nielsen) et nous étions restés dans ces eaux-là un moment. Et lentement, avec les rediffusions de l’été, nous avons eu plus de téléspectateurs. Au milieu de tout ça, la série a évolué et s’est adaptée au fil des ans. Avec les chaînes “USA” et “Ion” et tout ça, c’est difficile de l’ignorer aujourd’hui. En plus, c’est une série dont les rediffusions ont toujours bien marché. Vous pouvez regarder cette série de nombreuses fois comme si c’était la première fois, et peut-être que c’est une bonne chose. Quand NCIS a débuté, vous étiez connu pour des rôles plus joyeux. Je garde une image de vous dans ma tête sur le poster du Film “Summer School”, chaleureux et souriant… [Il rit] Puis, vous avez croisé Gibbs. Il est assez stoïque. Ce personnage ressemble-t-il de près ou de loin aux autres personnages que vous avez joués dans d’autres séries ? En fait, non. Et il a toujours évolué selon moi, même ici. Je pense qu’il est différent de ce qu’il était à ses débuts. Analyser qui était Gibbs initialement, sa vie en tant que Marine, puis séparer ça de sa vie privée… Ce sont des choses comme ça, qui à un moment donné, sont juste évoquées, une part de la bible que les scénaristes possèdent, et dont ils tirent des éléments. Au cours des 7 ans, vous pouvez mieux le cerner, et vous pouvez vous raccrocher à certaines choses. J’en plaisante, mais pendant de nombreuses années, j’ai joué Gibbs comme s’il avait été marié 3 fois, et d’un coup, je découvre qu’il l’a été 4 fois. Je veux dire, ça va, vous vous adaptez. Mais une des choses sympa qu’ils font, c’est stimuler les personnages. Parce que souvent, que ça soit individuellement ou en tant que groupe, on va prendre un script et réaliser qu’on vient de lire quelque chose qu’on ignorait. Il est fort probable que je ne sache pas tout de ce personnage, et c’est ce qui le rend plaisant à jouer. Peut-être qu’il récupère quelques-unes de mes qualités, peut-être pas, je n’en suis pas sûr. Mais je suis très à l’aise avec lui, et pas du tout lassé. C’est intéressant comment il s’intègre dans l’ensemble, les autres personnages parlant beaucoup, et Gibbs est en net contraste avec tout ça. Vous avez parfois le sentiment que Gibbs est un gars qui souhaiterait presque participer à l’hilarité générale, ou qu’il a un air facétieux qu’il ne peut pas vraiment se permettre de trop exercer, en tant que leader. C’est toujours en coulisses ici. Vous avez vu assez nos répétitions pour savoir qu’elles sont parfois vraiment loufoques. Et il y a parfois un peu de modelage du scénario au fil des pages pour développer les personnages. Nous comprenons tous notre job ici. Et très souvent, celui de Gibbs est d’aller droit au but, de mener la scène. Notre scène peut être emmenée dans de nombreuses directions, avec de nombreux personnages faisant ce que nous faisons. Mais c’est amusant de regarder ce groupe s’emparer de la scène et de la lecture du matin, simplement en se levant et en se saisissant de l’espace, jusqu’à arriver dans l’œil de la caméra. Et les metteurs en scène et les acteurs qui travaillent ici trouvent en général ce travail plaisant. On l’a bien gagné ici. Ce n’était pas comme ça au départ. La plupart des personnages portent leur cœur en bandoulière. Vous êtes celui dont tout le monde se demande toujours ce qu’il pense. Ça doit être drôle à jouer, ça aussi. Ça l’est. Il y a plein de choses que vous ignorez sur lui. Il a évidemment très mauvais goût en matière de femmes. Et si vous parlez de relations stables d’une façon plus linéaire, il n’a vraiment eu qu’un seul grand amour dans sa vie, et ça s’est achevé brutalement. Et je ne sais pas s’il surmontera ça un jour. Si nous faisons cette série encore quelques années, alors on verra. Mais c’est en partie ce que les scénaristes ont fait au fil des années: ils ont insisté sur les expériences personnelles de chacun des personnages. C’est une façon honnête de raconter une histoire, et vous devez donner plus. On ne peut pas jouer les mêmes personnages que nous avons joués en saison 1 ou 2. Nous devons changer, et soit votre public change avec vous et accepte ça et attend ça, soit ils vous quittent. De ce point de vue, on a eu de la chance. Y-a-t-il une façon simple d’expliquer l’évolution de Gibbs ? Je pense qu’il a simplement mûri. Tout tourne encore autour de son travail. Mais il ne brûle plus ses bateaux. Il les met à l’eau. Pour autant que je sache, c’est le premier qui a actuellement été sur l’eau et utilisé. C’est un progrès. [Il rit] On va même voir cette année que Gibbs a un salon. On ne l’avait jamais vu avant. Il possède autre chose qu’une cave. Ceci est pensé bien à l’avance. Ce n’est pas que les scénaristes vous fassent marcher. C’est juste qu’ils ne dévoilent ça que très lentement. Il n’y a rien dans cette série qui ne soit pas relié. Tout a un fil conducteur quelque part. Nous avons beaucoup de chance d’avoir gardé cette équipe de scénaristes aussi longtemps. C’est important. Et c’est un peu étrange aussi. Un certain nombre de ces scénaristes ont écrit 20 ou 30 épisodes, et à la télévision, on ne voit pas ça souvent. Les gens ne restent pas aussi longtemps ensemble. À l’inverse de nos 4 premières années ici, où le travail de scénariste était difficile. Beaucoup d’entre eux sont partis à ce moment-là. Certains ne convenaient pas, et certains qui convenaient sont partis. Ça a changé depuis. C’est devenu un lieu, tout comme pour les acteurs, ou pour l’équipe de tournage, où les gens veulent venir travailler. Et nous sommes tous ensemble au même endroit cette année. C’est la première année où les scénaristes sont ici [au studio d’enregistrement de Valencia]. Ils travaillaient avant sur les studios de Sunset Gower, donc c’est un changement positif. Les scénaristes viennent chaque semaine ici, ils viennent dans la grande salle, ouvrent la porte et disent: “Hé, tu penses quoi de ça ?” S’ils ont une question, ils viennent sur le plateau et vous la posent. C’est un travail d’équipe, et c’est vraiment le cœur de ce qu’est cette série. En théorie c’est une série policière d’abord et ensuite une série sur les vies personnelles… Qu’en pensez-vous ? Vous y croyez ? C’est marrant, parce que les fans sont obsédés par les moindres détails. Si on regarde les moments de la série qui s’attachent à ces détails, c’est un faible pourcentage. Mais il semble que plus rares soient ces moments, plus ça fascine les gens. Bien sûr, bien sûr. Mais tout commence avec le personnage. Car les gens sont attachés aux personnages. Je veux dire, essayez de marcher dans un aéroport. Les gens sont investies. Ils veulent savoir. Cet été les gens voulaient savoir, qu’est-ce qui est arrivé à Ziva ? C’était énorme. Et on l’a mérité. En quelques sortes il faut remercier les gens d’ici qui font tout ça, et les auteurs qui le créent, et Cote pour le jouer, et nous tous pour avoir aidé. Mais ces gars-là ont un plan. Ils ont des projets à longue portée. Je ne sais pas ce qu’il en est. On commence à avoir des infos tout doucement sur ce qui va se passer dans au plus dans les deux épisodes à venir. Mais je ne sais pas quel est leur projet pour cette année, comment ils prévoient de finir la saison ou ce qu’ils comptent en faire. Peut-être qu’en février ou mars on commencera à avoir des petits morceaux. S’il y a une autre façon de faire, où les acteurs sont plus impliqués et actifs dans ce qu’ils disent vouloir faire et que ce soit dans le script, je pense que cette série n’est pas comme ça. Je crois que les écrivains font confiance aux auteurs, et je crois que ce sont eux les créateurs, et notre boulot c’est d’y mettre sur pieds. Donc même si vous êtes producteur exécutif et un acteur également, vous n’êtes pas tenté d’aller voir les auteurs pour leur dire “Comment va se conclure cette saison” ? Non, ça m’est jamais arrivé. Pour moi, ce serait comme faire machine arrière. C’est comme faire le boulot à l’envers, peut-être. Je ne sais pas, ça ne m’est jamais arrivé. Je ne sais pas comment ils le prendraient, de toute façon. Mais je n’ai vraiment pas envie de savoir. Je préfère lire le script et dire “OK, c’est ce que je vais faire, comment faire pour que ce soit le mieux possible ?” La série s’est beaucoup focalisée sur Gibbs et Ziva cette saison. Les premiers épisodes étaient assez tendus, il veut l’étreindre et la ramener au bercail, mais il ressent le besoin de prendre ses distances. C’était un gros coup au printemps dernier, à propos du fait qu’avoir tué son frère était organisé et ordonné, contrairement à ce que le public avait d’abord cru, à savoir sauver Gibbs. Et je crois qu’ajouté à cela il y a le faire que certains le savaient. Beaucoup plus de gens que ce que Gibbs croyait le savaient. Je crois qu’il y a un processus, pas seulement pour les personnages de la série, mais certainement entre Ziva et Gibbs. Ça ne m’étonne pas qu’il ne l’accueille pas à bras ouverts. Elle est de retour, physiquement, mais il y a encore du chemin à faire. Elle a enduré beaucoup de choses, et sa loyauté est mise à rude épreuve. Ça ne m’étonne pas du tout que les auteurs aient fait que Gibbs soit le dernier à l’accueillir. C’est peut-être qui y attache le plus d’importance. C’est quelqu’un à qui soit vous confiez votre vie, soit vous ne le faites pas, c’est clair et net. Il l’aime beaucoup, mais il n’y a jamais eu de problème de loyauté avec quelqu’un d’autre qu’elle. Ce qu’ils font et le fait qu’ils se fassent confiance sont la partie la plus importante du boulot. Leur relation s’est détendue maintenant et Gibbs est vu comme une sorte de père de substitution pour Ziva. Mais Gibbs peut-il être une vraie présence paternelle, ou sera-t-il toujours réservé ? Sera-t-il quelqu’un à qui on puisse se fier, implicitement ? Absolument, sans aucun doute. Ne sera-t-il jamais un gros ours en peluche doux et chaleureux qu’on a dans un coin ? Non, aucune chance. Je ne crois pas, à moins qu’ils changent certaines choses. Il a une histoire trop importante, comme tout le monde. Il fait ce boulot depuis très longtemps et il ne connaît que trop bien les embûches, les dangers et la réalité de tout ça. En fin de compte, Gibbs est réaliste. Est-ce que ça vous arrive à Cote et vous de vous asseoir pour discuter de votre relation à l’écran ? On discute des scènes, oui et ça nous arrive souvent. On est très francs. On se connaît depuis 5 ans, c’est une bonne chose. On est en général assez honnête les uns envers les autres, et on est capables de se dire des choses que, je pense, même un réalisateur ne pourrait pas nous dire et s’en accommoder. En ce qui concerne le relationnel ou ce que deviennent les personnages, je ne fais que regarder la scène et ce que le script nous dit de faire la semaine suivante. C’est une question de survie, pour moi. C’est trop compliqué de voir plus loin que ça. Dans l’épisode “Good cop, bad cop”, il y a une scène dans la salle d’interrogatoire qui est l’apogée, et il y a eu un développement énorme dans le cœur de ces deux personnages. Gibbs dit quelque chose à Ziva. Et on n’entend pas ce qui est dit. Mais c’est très particulier, ce qui est dit. La réaction et l’expression du visage de Ziva sont très particulières aussi. Ce que j’ai dit ou ce à quoi Cote a réagi ou ce qu’elle en a pensé, elle ne vous le dira pas plus que moi, je crois. C’est notre secret. Il s’agit de respecter le travail et de se assez connaître l’un et l’autre pour dire “OK, j’y vais avec toi.” C’est très confortable de travailler comme ça. On s’aime tous. Et s’aimer c’est faire confiance, se respecter. On a plusieurs auteurs, plusieurs réalisateurs, mais le plus consistant c’est le noyau principal d’acteurs qui sont ici chaque jour. Et ce sont tous des acteurs qui veulent être dirigés. Il n’y a pas d’acteurs qui disent “Me parle pas.” On est toujours ouverts à: Qu’en penses-tu, qu’est-ce que tu voudrais ? Cote est le dernier membre de l’équipe à vous avoir rejoint. Ça fait plusieurs années, mais est-elle encore une sorte de probie ? (rires) Elle n’a jamais été un probie. Si vous lui parlez, vous verrez. Il n’y en pas deux comme elle. Comment définir ce moment de la série ? Elle est entrée par la petite porte. Il y avait une autre fille qui voulait le rôle, et Michael Weatherly a fait un essai avec elle, et avec l’autre fille. Michael a improvisé et Cote a trouvé ça totalement non-professionnel et l’a envoyé promener au milieu de la scène. C’est ce qu’ils voulaient voir. Ils voulaient quelqu’un qui envoie promener DiNozzo. Elle adore son travail et a hâte de venir le matin. Nous voilà à la saison 7 avec ce mélange génial. C’est ce que je voulais dire aux gens cet été quand ils me demandaient “Et Ziva ?” (Comme pour dire, va-t-elle partir ?), je disais “Personne n’est idiot. Ça a pris trop de temps de constituer ce groupe.” Trois des acteurs ont chanté sur les albums de BO de NCIS, d’abord Cote et Pauley, puis Michael sur le second. Vous serez sur le 3ème ? Non, à moins que vous vouliez que ça fasse un bide. Non, je ne pense pas. Mais sur Youtube, il y a des clips où on vous voit chanter dans 240-Robert, à l’époque. Et j’ai chanté dans le Saturday Night Live quand j’y étais invité, avec Phil Hartman. Ce n’est pas sur Youtube, je crois pas, si ? Bien. Vous savez quoi, tous ces gens qui veulent se mettre derrière un micro, qu’ils le fassent. |